Le 27 mars 2025, l’Université de Lomé a été le théâtre d’une conférence captivante sur l’agroécologie et le climat, orchestrée par l’association ECO-IMPACT. Sous le thème évocateur "Les systèmes alimentaires face aux changements climatiques : l’Agroécologie comme solution d’atténuation, de résilience et d’adaptation", cet événement a rassemblé près de 71 participants, principalement des étudiants avides de connaissances.
Lors de cette rencontre, l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) a présenté une analyse percutante des interconnexions entre le climat et les systèmes alimentaires. Kossi-Kuma FOMEDI, responsable climat et plaidoyer, a mis en lumière une réalité préoccupante : le monde est confronté à une triple crise environnementale – perte de biodiversité, changements climatiques et pollutions – qui menace directement la sécurité alimentaire. Les impacts des changements climatiques sur l’agriculture sont déjà palpables : stress hydrique, baisse des rendements, propagation de maladies des cultures, sécheresses et inondations. Ces perturbations entraînent non seulement une réduction des récoltes, mais aussi une flambée des prix des denrées, exacerbant les crises socio-économiques, comme les migrations et les conflits liés aux ressources.
Ironiquement, si le secteur agricole est durement touché par le réchauffement climatique, il en est également l’un des principaux contributeurs. En effet, près de 40 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent des systèmes agroalimentaires. La déforestation, la production et le transport des aliments, l’élevage intensif et l’utilisation d’engrais chimiques libèrent d’importantes quantités de CO₂, de méthane et de protoxyde d’azote. De plus, l’exposition accrue des cultures à des niveaux élevés de CO₂ réduit leur teneur en nutriments essentiels, aggravant ainsi les problèmes de malnutrition.
Face à ces défis, l’agroécologie émerge comme une solution incontournable pour allier production alimentaire et préservation de l’environnement. Parmi les mesures proposées, l’adoption de pratiques agricoles durables, telles que l’agroforesterie, la rotation des cultures et l’agriculture climato-intelligente, se démarquent. Une gestion optimisée de l’eau, via des techniques d’irrigation précises, ainsi que le développement de variétés résistantes aux aléas climatiques, sont également encouragés. En parallèle, il est crucial de réduire le gaspillage alimentaire, de promouvoir les circuits courts et d’intégrer les énergies renouvelables dans les exploitations agricoles.
L'éducation environnementale, le renforcement des capacités des agriculteurs, l’intégration de politiques agricoles durables et la sensibilisation aux pratiques agroécologiques apparaissent comme des leviers essentiels pour assurer une transition vers des systèmes alimentaires plus résilients. Cette conférence a ainsi souligné l’urgence d’agir et démontré que l’agroécologie n’est pas simplement une option, mais une nécessité pour garantir la sécurité alimentaire tout en préservant notre planète. En unissant nos efforts, nous pouvons bâtir un avenir où l’agriculture prospère en harmonie avec la nature !