
Du 9 au 12 juin 2026, l’Université de Lomé a vibré au rythme de la recherche et de l'innovation technologique en accueillant la 9e Journée d’étude internationale de la Chaire UNESCO « Défis partagés du développement : savoir, comprendre, agir ». Consacré au thème sensible : « L’Afrique à l’ère des outils numériques et de l’intelligence artificielle : nouveaux visages et défis du développement, des savoirs et des sociétés », cet événement de haut niveau a réuni dans la salle de conférence du WASCAL des chercheurs venus de onze pays.
En tant que membre de l’Assemblée de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS), l’ONG JVE a activement pris part à ce rendez-vous stratégique, y apportant sa vision de la société civile sur les enjeux de souveraineté numérique et de développement durable.
Représentée par ses délégués, dont son responsable communication Philippe AKUE-ABOSSE, qui a suivi l'intégralité des travaux, JVE était présente dès l'ouverture officielle de cette grande rencontre universitaire.
Cette participation s'inscrit dans la dynamique de collaboration entre la Chaire UNESCO (portée par l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et l'Université de Lomé (via la FSHS et la FASEG). L'ouverture a été marquée par les allocutions du Doyen de la FSHS et Président du Comité d’Organisation, le Professeur Edinam Kola, de la Professeure Gaëlle Gillot (titulaire de la Chaire UNESCO), de M. Benjamin Neumann (Directeur de l’AFD) ainsi que du représentant du Président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounake.

Le rappel historique : Initiée en 2017 par la Chaire UNESCO, cette dynamique internationale a été rejointe par l’Université de Lomé en 2019. L'édition 2026 marque une consécration du rayonnement scientifique de l'institution togolaise, qui l'accueille pour la deuxième fois après l'édition de 2022.
Pour JVE, l’enjeu de cette rencontre dépasse le cadre purement académique. Les tables rondes et les présentations des jeunes chercheurs ont permis d'approfondir les réflexions sur les impacts de la « civilisation algorithmique » en Afrique.
Les discussions ont mis en lumière des alertes cruciales concernant le contexte africain, notamment la manière dont la révolution numérique bouscule nos besoins collectifs essentiels :
- Rendement et productivité : Optimiser les systèmes existants, notamment dans des secteurs vitaux comme l'agriculture et la gestion territoriale.
- Éthique et responsabilité : Faire face aux biais algorithmiques, aux hallucinations des IA et aux risques de stéréotypes, tout en exigeant une innovation responsable.
- Souveraineté des données : Développer des capacités locales pour éviter que l'Afrique ne soit réduite à un simple espace de consommation technologique, mais devienne conceptrice de ses propres outils, adaptés à ses réalités linguistiques et sociales.
Une démarche axée sur la relève scientifique
En amont de la journée principale, les 10 et 11 juin, deux journées d’ateliers doctoraux ont permis de renforcer les compétences de la jeune génération de chercheurs africains. Plusieurs ateliers pratiques et transversaux ont meublé ce programme :
- « Ma thèse en 3 minutes » : Exercice de vulgarisation claire et concise avec remise de prix.
- Atelier SIG & Cartographie : Production de cartes appliquées à la santé via le logiciel libre QGIS.
- Écriture scientifique : Maîtrise des formats d'articles et des cycles de soumission dans les revues majeures.
- Genre et intersectionnalité : Intégration de ces dimensions cruciales dans la recherche.
- NotebookLM & IA : Exploration de l'assistance par IA pour la structuration et l'analyse documentaire locale.
Les participants et les partenaires, incluant l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), ont rappelé un principe fondamental : l’intelligence artificielle doit rester un assistant à la recherche. Elle ne remplacera jamais l'enquête de terrain, la production de données primaires, ni l’autonomie intellectuelle du chercheur.

À l'issue de ces travaux intenses, les recommandations formulées à Lomé appellent à faire du numérique un véritable vecteur de développement inclusif et durable.
Pour JVE, cette alliance entre les sciences humaines, la société civile et les technologies est indispensable pour éclairer les politiques publiques. L'ONG réaffirme son engagement à suivre ces transformations et à veiller à ce que l'intelligence artificielle reste un outil au service de l'humain, de la responsabilité environnementale et des dynamiques communautaires sur le terrain.




