
Accra, le 14 mai 2026 – Face à l’urgence climatique et aux menaces croissantes qui pèsent sur la souveraineté alimentaire du continent, l’Afrique s'active pour définir sa propre feuille de route. Du 13 au 14 mai 2026, la capitale ghanéenne a accueilli un atelier de rédaction consultatif de haut niveau intitulé « Tracer des voies pour un avenir alimentaire juste et résilient face au climat ».
Organisé par World Animal Protection (WAP) et parrainé par le ministère d'État chargé du Changement climatique et de la Durabilité du Ghana, cet événement restreint a réuni des négociateurs du climat, des experts politiques et des acteurs de la société civile venus de six pays d'Afrique de l'Ouest et de l'Est : la Gambie, le Sénégal, le Ghana, le Kenya, l'Éthiopie et le Togo. L'objectif : harmoniser les voix africaines en vue d'aboutir à une position commune forte lors des prochaines grandes échéances mondiales, notamment la COP31 et la COP32.
Les enjeux d’un modèle agricole 100 % africain
Les discussions ont principalement porté sur la nécessité pour l'Afrique de devancer les agendas internationaux plutôt que de les subir. Alors que les débats au sein de la CCNUCC évoluent depuis les travaux de Koronivia vers le Cadre de Charm el-Cheikh pour l'agriculture et la sécurité alimentaire, la transformation des systèmes alimentaires est désormais indissociable de l'adaptation climatique.
Un consensus majeur s’est dégagé contre l'expansion aveugle des modèles d’élevage industriel à grande échelle, jugés néfastes pour la biodiversité, la santé publique, le bien-être animal et la résilience communautaire. Les participants ont activement plaidé pour des trajectoires alternatives basées sur la durabilité, la préservation des écosystèmes et le soutien aux moyens de subsistance ruraux.
L'aboutissement phare de cet atelier est la validation d'un projet de déclaration africaine sur la transformation des systèmes alimentaires et la résilience climatique. Ce texte servira de socle politique pour bâtir une large coalition continentale, portée notamment par l'Éthiopie en tant que futur pays hôte de la COP32.
JVE International : Un pilier incontournable du plaidoyer citoyen
Fidèle à sa réputation de leader sur les questions de justice climatique, l'ONG Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE International) a marqué de son empreinte ce rendez-vous de haut niveau. Invitée en raison de son expertise reconnue dans la transition agroécologique, l'organisation a apporté une contribution stratégique essentielle tout au long du processus de rédaction.
La participation active de JVE s'est matérialisée à plusieurs niveaux clés :
- Un pont entre la diplomatie et le terrain : Forte de l'expérience de ses équipes – notamment de l'engagement de son Directeur Exécutif Sena Alouka dans les cercles de négociations de la CCNUCC –, JVE a su concilier les exigences techniques des négociateurs gouvernementaux avec les réalités vécues par les communautés à la base.
- La défense d'une transition juste : Face aux réserves initiales de certains diplomates quant à l’utilisation de termes clivants comme la "souveraineté alimentaire" ou l'exclusivité de l'agroécologie, JVE a joué un rôle de facilitateur. L'organisation a veillé à ce que les principes fondamentaux de la justice sociale, de l’agroécologie et de la résilience locale restent solidement ancrés dans le texte final, tout en préservant un langage consensuel pour les États.
- Le portage de l'expérience togolaise : JVE a profité de cette tribune pour valoriser les avancées du Togo en matière de transitions territoriales, d'agroécologie et d'intégration des Contributions Déterminées au Niveau National (CDN).
Pour le Togo et pour JVE, ce writeshop d'Accra consacre une nouvelle fois la reconnaissance internationale de la société civile togolaise dans l'arène des politiques climatiques et de la souveraineté alimentaire en Afrique. L’organisation se projette désormais vers les prochains mois avec un mandat clair : mobiliser les gouvernements d’Afrique de l’Ouest pour transformer cette déclaration d'intention en un engagement politique contraignant d'ici la COP32 à Addis-Abeba.




