
Lomé, le 30 avril 2026 – Le secteur agricole togolais franchit un cap décisif vers une gouvernance plus inclusive. Du 28 au 30 avril 2026, Lomé a vibré au rythme de l’Atelier National des Acteurs Non-Étatiques (ANE) impliqués dans les systèmes agroalimentaires. Organisée avec l'appui de partenaires clés comme CARE et la GIZ, cette rencontre de trois jours a jeté les bases d'une participation mieux coordonnée de la société civile, des organisations paysannes, des jeunes et des femmes dans les politiques agricoles du pays.
Cet atelier s’inscrit dans un contexte charnière : le lancement de la Phase de Kampala (2026–2035) du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture en Afrique (PDDAA). Pour le Togo, l’enjeu est majeur : aligner les ambitions nationales du Programme de Modernisation Agricole (ProMAT) avec les engagements climatiques et de redevabilité du continent.
Les discussions ont mis en lumière un constat sans appel issu d'une étude nationale : si l’écosystème des ANE au Togo est dynamique, il demeure fragmenté et peine à influencer durablement les politiques formelles. Face à cela, le défi n'est plus seulement de mobiliser, mais de structurer.
Résultat majeur de ce rendez-vous : les participants ont acté la création de la Plateforme Nationale des Acteurs Non Étatiques pour la mise en œuvre du PDDAA au Togo. Pour piloter la formalisation de cet espace inclusif, un Comité Ad Hoc transitoire a été élu:
- Présidente : Mme Claire Quenum (COCESE)
- Vice-Président : M. Kokou TEWOU (ANCES)
- Secrétaire Général : M. BOKODJIN (ReNAAT)
- Représentante des jeunes : Mme OUDEI (REJEPPAT)
- Représentante des femmes : Mme MADEDJE (RENAFAT)
Ce comité a désormais la lourde mission d'élaborer les textes de gouvernance, de concevoir une feuille de route à court terme et de bâtir un cadre permanent de concertation avec le gouvernement.

Fidèle à son engagement pour la souveraineté alimentaire et la justice climatique, l'ONG Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE) a activement pris part à ce processus historique, représentée par Annette Luttah Aluora.
Pour JVE, la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala représente une opportunité politique et technique unique de faire bouger les lignes sur ses axes prioritaires:
- Un positionnement de référence sur l'agroécologie : Alors que la transformation des systèmes agroalimentaires et la résilience climatique sont au cœur de la nouvelle phase du PDDAA, JVE entend capitaliser sur la création de cette plateforme pour imposer la transition agroécologique et la durabilité comme piliers incontournables des politiques agricoles nationales.
- Valorisation de l'expertise technique : JVE prévoit de contribuer activement à travers la production de connaissances, le plaidoyer basé sur des données probantes et le renforcement des capacités des communautés locales.
- Portage du leadership des jeunes et des femmes : L'organisation réaffirme son rôle de catalyseur pour mobiliser la jeunesse et les groupes vulnérables, veillant à ce que leur voix ne soit pas symbolique, mais actrice de la redevabilité et du suivi budgétaire agricole.
- Suivi et Revue Biannuelle : JVE se positionne pour accompagner les institutions publiques dans la collecte et la validation des données, garantissant ainsi une plus grande transparence et une meilleure appropriation citoyenne des engagements de Kampala.

En s’impliquant dès la genèse de cette dynamique multi-acteurs, JVE s'impose une fois de plus comme un pont essentiel entre les orientations politiques continentales et la réalité de la résilience sur le terrain.




