
Le projet Eba4UNGoals franchit une étape décisive dans les préfectures de l’Est-Mono et de l'Anie. Vendredi dernier, un atelier multi-acteurs a posé les bases d'une résilience climatique durable en connectant savoirs locaux, recherche universitaire et politiques publiques.
Elavagnon, le 17 mai 2026 – Face au défi pressant des changements climatiques, la réponse se trouve souvent au cœur même de la nature. C’est tout le sens de l’Adaptation Basée sur les Écosystèmes (EbA), une approche qui utilise la biodiversité et les services écosystémiques pour aider les communautés à s'adapter. Pour concrétiser cette vision, l’ONG Jeunes Volontaires pour l'Environnement (JVE), en consortium avec l’Université de Lomé et l’Université des Nations Unies, a orchestré un atelier crucial du projet Eba4UNGoals à Elavagnon.
Soutenu par le Ministère de l’Environnement, cet événement a réussi le pari de rassembler tous les maillons de la gouvernance locale autour d'un objectif commun : restaurer les paysages forestiers et inscrire l’EbA dans la planification des territoires.
Dès la cérémonie d'ouverture, l'importance stratégique de cette rencontre s'est fait ressentir. M. DJAKPATA Sagbo, Secrétaire Général de la préfecture de l’Est-Mono, a chaleureusement accueilli les délégations avant que M. OGOUHOUNDE Kokou, Sénateur de l’Anié, ne lance officiellement les travaux.

Le message de l'État est clair : le Commandant ADAM Abourazak, s'exprimant au nom du Ministère de l’Environnement, a réitéré le soutien indéfectible des autorités à toutes les étapes du projet. Une ambition partagée à l'échelle internationale par Mme Yvonne Walz, représentante de l’Université des Nations Unies, qui a salué la forte mobilisation et la synergie d'action du consortium.
La réussite de la restauration écologique repose sur l'inclusion. L'atelier a ainsi réuni près de 70 participants, dont une représentativité féminine notable (17 femmes), brisant les silos traditionnels en mettant autour de la même table :
-
Les autorités et élus : Secrétaires généraux des préfectures, adjoints aux maires.
-
Les techniciens de l'État : Directions préfectorales de l’agriculture et de l’environnement.
-
Les gardiens des savoirs et acteurs de terrain : Chefs traditionnels, pépiniéristes, agriculteurs et éleveurs.
-
La société civile : Représentants des jeunes, des femmes et ONG locales, sous l'œil des médias régionaux.
« Cette diversité a été la clé de voûte de nos débats. On ne peut pas parler de gestion durable de la forêt sans écouter à la fois le scientifique, le politique et l'agriculteur qui vit de la terre », a-t-on souligné lors des échanges.
Modérés par le Professeur KOKOU Koami (Directeur du Laboratoire de Recherche Forestière) et M. ANDELE Yaovi (Chargé du Suivi-Évaluation à JVE), les travaux ont alterné entre exposés scientifiques, partages d'expériences et remue-méninges collectifs.
L'exercice a permis de déboucher sur deux résultats majeurs :
-
La capitalisation des acquis : Un état des lieux précis des techniques de restauration déjà pratiquées par les communautés.
-
Un plan de route concret : La co-construction d'un agenda sur 12 mois pour intégrer officiellement l’approche EbA dans les plans de développement locaux.
Le lendemain de l'atelier, la théorie a laissé place à la pratique lors d'une enrichissante visite de terrain.
Le premier arrêt a conduit les participants dans la forêt communautaire de Kounoukopé (Anié 2). Un moment fort d'immersion qui a permis de comprendre les réalités de la gestion communautaire et les défis quotidiens de la préservation.
La délégation s'est ensuite rendue chez un pépiniériste passionné à Anié. Ce dernier se spécialise dans la sauvegarde d'essences locales indispensables : tamariniers, baobabs, colatiers... Autant d'espèces à forte valeur écologique et socioéconomique, véritables piliers de la biodiversité de demain.






